Le désherbage est au cœur des pratiques agricoles, car les mauvaises herbes entrent en compétition directe avec les cultures pour les ressources, ralentissent le processus de récolte et ont un impact négatif sur le rendement et la qualité des produits. Les agriculteurs dépendent d’un panel de molécules, certifiées et adaptées à une culture spécifique. Cependant, les inquiétudes concernant les effets des produits phytosanitaires sur la santé humaine et l'environnement ont entraîné une réduction significative du nombre de molécules herbicides disponibles pour les agriculteurs européens. Bien que cette transition vers des pratiques agricoles plus durables soit essentielle et évidente, elle pose d'énormes défis quant à la capacité des agriculteurs à maintenir un contrôle efficace des mauvaises herbes dans leurs cultures.
En 2024, la Commission européenne a annoncé le retrait de la métribuzine, une molécule essentielle couramment utilisée par les producteurs de carottes, avec un délai de grâce expirant en novembre 2025. Anticipant cette échéance, les agronomes d’Ecorobotix se sont penchés sur cette question et ont testé un programme de désherbage utilisant des molécules alternatives à la métribuzine pour la saison de culture des carottes de 2025.
Dans un contexte de forte pression de mauvaises herbes (vagues successives de germination), le désherbage plante par plante réalisé à l’aide du pulvérisateur à ultra-haute précision (UHP) ARA™ s’est révélé très efficace jusqu’au stade 5 feuilles de la culture, et ce malgré l’absence de métribuzine. Au-delà de ce stade, les carottes ont formé une canopée recouvrant les mauvaises herbes émergentes, telles que le chénopode et l’amarante. Ces mauvaises herbes sont particulièrement difficiles à contrôler car elles peuvent pousser malgré une faible luminosité. Ces mauvaises herbes ainsi cachées n’ont pas été repérées par les caméras de l’ARA™, donc pas détectées par l’intelligence artificielle, et n’ont bien évidemment pas été traitées.
Le nouveau défi consiste désormais à combiner ARA™ avec d’autres solutions de désherbage pour lutter contre les mauvaises herbes à germination tardive, après le stade critique de 5 feuilles de la carotte, afin de maintenir le contrôle des mauvaises herbes tout au long de la saison. Néanmoins, l'application localisée de produits chimiques (5 passages, dont un traitement en plein de pré-levée) a permis de réduire le volume d'herbicides de 80 % par rapport à une pulvérisation en plein. Par ailleurs, les rangs se sont refermés plus rapidement en modalité ARA™ par rapport à la référence agriculteur, ce qui suggère une production de biomasse plus élevée. En effet, la quantification des récoltes montre que la modalité ARA™ tend à fournir un rendement supérieur de 10 % par rapport à la référence agriculteur, ce qui démontre que la phytotoxicité induite par les herbicides affecte négativement la production.
Il est important de constater que le même protocole combinant pendiméthaline, clomazone, aclonifène, pyridate, prosulfocarbe et cléthodime a été appliqué plus tard dans la saison dans un autre champ dont la date de plantation avait été légèrement décalée. Au moment de la récolte, la pression des mauvaises herbes (chénopode et amarante) était plus faible par rapport au premier essai, probablement due à une dynamiques de germination différentes entre les deux essais. Les observations ont montré que l'ARA™ a maintenu un contrôle efficace des adventices tout au long de l'essai. Cela démontre qu'un léger retard dans la plantation peut constituer un levier agronomique efficace pour réduire la pression des mauvaises herbes.
Grâce à ces essais, les agronomes d'Ecorobotix élaborent des protocoles techniques alternatifs aux solutions conventionnelles en combinant la technologie ARA™ UHP avec des mélanges herbicides efficaces, afin d'optimiser le potentiel de rendement et de favoriser une agriculture durable.


